2017

16 mars Marzel et al., Raisons principales des nouvelles infections avec le VIH, selon l’Etude suisse de cohorte VIH


La transmission du VIH pendant les 12 premiers mois après la contamination ou à la suite d’un arrêt du traitement VIH sont les raisons principales des nouvelles infections avec le VIH, selon l’Etude suisse de cohorte VIH.    Clinical Infectious Diseases

Les personnes sous thérapie antirétrovirale efficace qui prennent régulièrement leurs médicaments anti-VIH ne peuvent pas transmettre sexuellement le VIH à d’autres personnes. En plus, il est connu que l’infectiosité des personnes séropositives est la plus élevée durant les premiers mois après la contamination. Par contre, beaucoup de séropositifs ne savent pas qu’ils sont infectés parce qu’ils ne font pas de test VIH. La détection précoce de l’infection VIH et le début immédiat d’une thérapie VIH chez les personnes nouvellement diagnostiquées sont donc primordiaux pour pouvoir diminuer le nombre de transmissions du VIH en Suisse. Pour cette raison, il est important de savoir combien d’infections ont été transmises par des personnes qui se trouvent dans le stade précoce de l’infection et quelle est l’influence d’une interruption de la thérapie VIH sur la transmission du VIH.

Marzel et collègues ont analysé dans leur étude combien d’infections VIH nouvellement diagnostiquées en Suisse sont dues à des personnes qui se trouvent dans les premiers 12 mois après la contamination avec le VIH. Ils ont examiné les données génétiques anonymisées des tests de résistances VIH de 10'970 participants à l’Etude suisse de cohorte VIH et ont établi un arbre généalogique génétique. Dans cet arbre généalogique génétique ils ont pu identifier 378 couples de transmissions potentiels dans lesquels l’une des personnes a, avec une grande probabilité, transmis son VIH à l’autre personne.

Se basant sur ces couples de transmissions, les auteurs de l’étude ont calculé qu’en Suisse jusqu’à 56% des transmissions du VIH proviennent de personnes qui se trouvent dans les premiers 12 mois après la contamination. Une transmission pendant la phase chronique de l’infection VIH était d’autant plus fréquente si les séropositifs avaient commencé la thérapie VIH tardivement et si la charge virale VIH de la personne non-traitée était élevée. En plus, 14% des transmissions sont dues à des interruptions ou des arrêts de traitement du VIH.

En résumé, cette étude montre que la plupart des infections en Suisse sont dues à des personnes séropositives qui se trouvent dans la phase précoce de l’infection VIH ou qui ont interrompu leur thérapie VIH. Afin de pouvoir combattre efficacement l’épidémie VIH en Suisse, il est primordial de diagnostiquer les personnes rapidement après l’infection et de commencer la thérapie VIH immédiatement après le diagnostic. Il faut absolument éviter une interruption de la thérapie VIH et sinon en parler préalablement avec le médecin.

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16 février Scherrer et al., L’apparition de résistances acquises du VIH contre des médicaments VIH a pratiquement disparue en Suisse


L’apparition de résistances acquises du VIH contre des médicaments VIH a pratiquement disparue en Suisse – une analyse des résultats de l’Etude suisse de cohorte VIH sur une période de 15 ans.   Clinical Infectious Diseases

Il est connu que la prise de médicaments VIH insuffisamment efficaces ou la prise irrégulière de ces médicaments favorise le développement de résistances du virus contre les médicaments VIH. Les résistances ont comme conséquence que le VIH se multiplie malgré la prise de médicaments VIH et que l’infection VIH progresse.

Dans cette étude, Scherrer et collègues ont analysé sur une période de 15 ans (1999-2013) l’apparition de résistances contre différents médicaments VIH chez 11'084 patients sous thérapie VIH participants à l’Etude suisse de cohorte VIH. Durant cette période, ils ont constaté chez un tiers des patients traités une résistance contre des médicaments VIH. La proportion des patients avec résistances était la plus élevée chez les patients qui ont commencé la thérapie VIH avant 1999 (56% des patients) et elle diminue fortement chez les patients qui ont commencé la thérapie entre 1999-2006 (19.7%) respectivement entre 2007-2013 (9.7%). Le taux de résistances contre l’ensemble des trois classes de médicaments les plus importants a diminué dans la période d’observation de 9.0% à 4.4% et le taux est, à partir de 2006, constamment inférieur à 0.4%. La plupart des patients avec des résistances ont commencé leur thérapie VIH avant 1999 (59.8%). Néanmoins il est remarquable qu’en 2013 plus de 94% de ces patients ont pu, grâce à la disponibilité de médicaments VIH modernes, être traités de manière efficace, c’est-à-dire que la charge virale VIH a pu être réprimée.

En résumé, cette étude montre de manière impressionnante que le développement de résistances contre des médicaments VIH a considérablement diminué grâce à l’introduction de médicaments VIH nouveaux et modernes. C’est particulièrement valable depuis 2007 avec le lancement des inhibiteurs de protéases modernes et les nouveaux inhibiteurs de l'intégrase. Une résistance acquise contre les 3 classes de médicaments est de nos jours pratiquement inexistante.

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12 janvier Rodger et al., Risque d’une transmission du VIH lors de rapports sexuels non protégés entre couples de statut VIH divergeant


Risque d’une transmission du VIH lors de rapports sexuels non protégés entre couples de statut VIH divergeant et traitement antirétroviral efficace du partenaire séropositif.   Journal of the American Medical Association

Dans le cadre de l’étude PARTNER, les auteurs Rodger et collègues ont analysé le risque de transmission du VIH lors de rapports sexuels anaux ou vaginaux non protégés entre couples de statut VIH divergeant (sérodiscordant) si le partenaire séropositif est sous traitement antirétroviral (ARV) efficace, c’est-à-dire que la charge virale était < 200 copies/ml de sang pendant six mois. 1'166 couples ont été inclus dans l’étude, dont 548 couples hétérosexuels et 340 couples homosexuels, ce qui a permis d’obtenir 1'238 années d’observation. Pendant la durée d’observation les partenaires ont eu au total au moins 58'000 fois des rapports anaux ou vaginaux non protégés, avec pénétration, sans préservatif.

Pendant un temps d’observation moyen de 1.3 années par couple, 11 partenaires qui auparavant avaient été testés séronégatif ont été testés positif pour le VIH. Une comparaison de la séquence virale de ces personnes nouvellement infectées avec celle de leur partenaire respectif (analyse phylogénétique) n’a pas montré une grande ressemblance de ces virus. Ce qui veut dire qu’il n’y a pas d’indice que ces personnes se soient contaminées auprès de leur partenaire séropositif sous traitement ARV (annotation de la rédaction: dans ces cas de contamination on suppose que la personne a contracté le VIH à l’extérieur du couple au contact d’une personne séropositive qui n’était pas sous traitement ARV). Dans cette étude, aucune transmission du VIH n’a pu être décelée lors de rapports sexuels non protégés entre partenaires sérodiscordants à condition que la charge virale du partenaire séropositif sous thérapie fût de moins de 200 copies/ml de sang. Il est intéressant de noter que le risque de transmettre le VIH n’était pas plus élevé en cas de contamination simultanée par une maladie sexuellement transmissible (par exemple syphilis, gonorrhée, chlamydia).

En conclusion, pendant un temps d’observation de 1.3 années par couple qui a des rapports sexuels non protégés et dont un partenaire est séropositif et sous traitement ARV efficace, aucune transmission du VIH n’a été observée. D’autres études avec une durée d’observation plus longue seront nécessaires pour pouvoir estimer les risques de manière plus précise.

Commentaire Dr. Dominique Braun et Prof. Huldrych Günthard
Les auteurs de l’étude estiment que le risque de transmission du VIH dans la situation définie mentionnée ci-dessus se rapproche de zéro. Cette estimation est basée sur le fait que sur 58'000 rapports sexuels aucun cas de transmission du VIH n’a pu être documenté. Comme dans une étude il ne peut jamais être exclu que le risque effectif se trouve dans la marge supérieure à l’intervalle de confiance, le risque ne peut jamais être complètement zéro. Dans cette étude la marge supérieure de l’intervalle de confiance se situe à env. 10% pour une transmission par dix ans chez les couples du groupe à risque le plus élevé (rapports sexuels anaux passifs). Même si cette incertitude n’est qu’une valeur théorique, comme aucune transmission n’a été constatée, une étude PARTNER 2 est actuellement en cours. L’étude PARTNER 2 analyse le risque de transmission uniquement chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes.

Nous aimerions saisir cette occasion pour remercier chaleureusement les participants de l'Etude suisse de cohorte VIH qui ont participé à cette étude ou qui y participent encore.

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