2019

21 février Leon-Reyes et al., Estimation des frais de traitement pour les personnes atteintes du VIH en Suisse


Estimation des frais de traitement pour les personnes atteintes du VIH en Suisse.   Clinical Infectious Diseases

Des données fiables sur les coûts et l’utilisation des ressources de la santé publique sont indispensables pour évaluer les besoins actuels et futurs des séropositifs en Suisse. Les études sur les coûts induits par les traitements des out patients séropositifs n’étaient pas représentatives et d’une utilité limitée pour les décideurs de la santé publique. Dans cette étude pilote les chercheurs ont relié de manière anonyme les données médicales de l’Etude suisse de cohorte VIH (SHCS) avec les données de la plus grande caisse maladie suisse Helsana afin de pouvoir estimer les coûts de la prise en charge de l’infection VIH. Vous pourrez lire ci-dessous quels coûts sont générés et quels facteurs les influencent.

Dans cette étude les données de tous les traitements des personnes atteintes du VIH assurées auprès de la caisse maladie Helsana (n = 2'355) ont été reliés de manière anonyme avec les données des patients sous traitement anti-VIH de la SHCS (n = 9'326) pour les années 2012 et 2013. Le critère d’évaluation primaire de l’étude était les coûts globaux de la santé par séropositif en Suisse dans les années 2012 et 2013. Pour l’analyse les patients ont été répartis dans les groupes à risque faible, moyen et élevé, selon leur consommation de ressources.

<p< Les coûts moyens pour les traitements des personnes séropositives en Suisse se sont élevés à CHF 32'289 en 2012 et CHF 33'132 en 2013. 70% des coûts étaient générés par les frais du traitement antirétroviral.

Pour les patients à faible risque les coûts s’élevaient à CHF 28'378 en 2012 et CHF 27'699 en 2013.

Les coûts de santé pour les patients à risque moyen étaient de CHF 3'737 en 2012 (+13%) et CHF 4'629 en 2013 (+17%) et pour les patients à risque élevé de CHF 14'867 en 2012 (+52%) et CH 14'516 en 2013 (+52%) supérieurs aux patients à risque faible.

En résumé, cette étude montre qu’en Suisse la plus grande partie des coûts concerne les frais du traitement antirétroviral. Une analyse détaillée des patients a montré que les facteurs suivants augmentent les coûts des traitements: âge avancé, diagnostic de SIDA (infection VIH en stade avancé), comorbidités psychiatriques, consommation de drogue et d’alcool, prise irrégulière des traitements médicaux. Une comparaison des données de la SHCS avec celles des caisses maladies pour un échantillon encore plus grand pourraient livrer des données permettant à établir des modèles qui pourraient influencer la politique de santé à différents niveaux.

PubMed

24 janvier Salazar-Vizcaya et al., Influence des thérapies hautement efficaces du virus de l’hépatite C sur le nombre d’infections chez les personnes à risque


Influence des thérapies hautement efficaces du virus de l’hépatite C sur le nombre d’infections chez les personnes à risque.   Open Forum Infectious Diseases

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé comme but de réduire de 90% les nouvelles infections par le virus de l’hépatite C (VHC) jusqu’en 2030. Afin d’atteindre ce but, il est primordial de connaître le développement des infections VHC chez les personnes avec un risque plus élevé d’hépatite C. Dans le cadre de cette étude de l’Etude suisse de cohorte VIH, les auteurs ont analysé l’influence des nouveaux médicaments anti-VHC hautement efficaces (Direct Acting Agents; DAAs) sur l’épidémie VHC chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et chez les personnes avec consommation de drogue intraveineuse (PWID). Les auteurs ont démontré que durant ces dernières années le traitement des infections VHC avec des DAAs a considérablement et heureusement augmenté. Vous pourrez lire ci-dessous pourquoi cette augmentation de traitement DAA dans le groupe des HSH ne suffira pourtant pas à circonscrire l’épidémie VHC.

Entre 2005 et 2016, 5'267 HSH et 1'805 PWID ont été suivis sur une période de 38'693 respectivement 14'748 personnes-années.

L’étude a donné les résultats suivants:

- Le nombre de traitements DAA a très rapidement augmenté depuis 2012 et a atteint une valeur maximale de 28 traitements par 100 personnes-années chez les HSH et de 18 traitements par 100 personnes-années chez les PWID.

- Le nombre des nouvelles infections VHC chez les HSH a considérablement augmenté et s’est quintuplé pendant la période d’observation de l’étude.

- Chez les PWID une seule nouvelle infection a été constatée pendant la période d’observation de l’étude.

- Le nombre de réinfections, c’est-à-dire une nouvelle infection à la suite d’une thérapie DAA ou d’une guérison spontanée, a considérablement augmenté chez les HSH et s’est décuplé pendant le temps d’observation.

- Le nombre de réinfections chez les PWID a diminué de deux tiers.

- Le nombre de patients avec une infection VHC active a continuellement diminué chez les PWID. Pendant la même période il a doublé chez les HSH.

En résumé, cette étude démontre que l’augmentation des traitements DAA et leur efficacité a comme conséquence que les infections actives chez les PWID dans l’Etude suisse de cohorte VIH a considérablement diminué ces dernières années. Par contre, chez les HSH l’augmentation des traitements DAA a été compensée par le très grand nombre de nouvelles infections et de réinfections. En plus de l’accès facile aux thérapies DAA et du début immédiat d’une thérapie, des mesures supplémentaires sont nécessaires pour enrayer l’épidémie VHC, par exemple des mesures ciblées visant à diminuer les comportements à risque et l’utilisation conséquente de préservatifs lors de rapports sexuels anaux avec des partenaires occasionnels.

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